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Les règles de mise en forme des FSE sont réunies dans un document dénommé norme 615 B2 (pour l'envoi) et NOEMIE (pour les paiements). Ces documents sont mis à jour unilatéralement par l'assurance obligatoire, sans aucune consultation des éditeurs de logiciels médicaux, méprisant royalement le fait que ce sont les éditeurs qui sont supposés mettre en musique ces magnifiques normes. En clair, on n'a pas voix au chapitre.
Comme dans n'importe quel traitement informatique de facturation, le passage à l'an 2000 et à l'euro est posé.
Je précise que bien sûr les mêmes normes 615 B2 et NOEMIE sont utilisées dans les logiciels agréés Sésam-Vitale. Il ne faudrait pas croire que le système qui va inonder la France dans les prochains mois est prévu pour passer le cap du millénaire. Pis quoi encore, vous voudriez peut-être qu'en plus, il sache parler en euro (vous savez, la nouvelle monnaie)?
Le problème de l'euro vient du fait qu'il n'est pas prévu d'indiquer la monnaie utilisée dans la FSE.
Le problème de l'an 2000 vient lui de ce que toutes les dates utilisées pour envoyer uns FSE sont sur 6 positions (AAMMJJ), ce qui correspond à deux chiffres seulement pour l'année! Trivial, il suffit de passer les dates à huit chiffres, et le tour est joué. Sauf que ça fait plusieurs années que les éditeurs ont soulevé le problème -le cas se pose depuis le début pour les malades nés le siècle dernier-. Suivant la bonne vieille politique de l'autruche (ou de l'arrogance, au choix), nos brillants technocrates qui veillent aux destinées de 615 B2, ont superbement ignoré les avertissements qu'on leur donnait.
Il faut reconnaître que ce n'est pas du tout évident de modifier la norme pour passer à huit chiffres. Parce que le système de mise en forme ne tolère pas que l'on décale les données (pour insérer deux chiffres pour le siècle dans le cas présent).
Cela nécessite en réalité une refonte très importante du format, et SURTOUT, la mise à jour des logiciels de télétransmission. Et pas seulement ceux qui tournent dans les caisses de sécu (après tout, j'en ai rien à faire, c'est eux qui ont imaginé ce format à la noix, bien que ce soit avec mes sous). Pas seulement ceux des mutuelles, qui sont elles aussi obligées de se plier aux ukases du format 615 B2.
Il faut mettre à jour les systèmes des pharmacies, et ceux de tous les PS qui transmettent actuellement leurs FSE: les kinés, les infirmières, les biologistes, les radiologues, ...Et maintenant qu'on a bien attendu, il y a déjà plus de 20.000 ordinateurs qui envoient régulièrement leurs FSE et qui ont besoin impérativement d'une mise à jour. Et comme la CNAM continue à ignorer royalement le problème, tous les programmes de transmission du marché, y compris les programmes en cours d'agrément S/V au CNDA, qui sont bien obligés de respecter le format imposé, comportent cette anomalie. Autrement dit, non seulement on ne fait rien pour résoudre le problème des systèmes existants, mais en plus on oblige les PS à s'équiper avec des logiciels dont on est sûr qu'ils tomberont en panne le 1er janvier 2000.
Et comme d'habitude, au lieu de prendre le problème à bras le corps et d'assumer ses responsabilités, on ferme les yeux et on fonce (dans le brouillard, comme disait Ramex, l'ancien DG de la Cnam).
Des fous inconscients, bons à enfermer que je vous dis! Et c'est moi qui suis un âne, qu'ils disent!
Quand même, le jour où, contraints et forcés, nos chers technocrates auront enfin apporté la solution réclamée, ce ne seront plus 20.000 systèmes qu'il faudra mettre à jour, mais 300.000 si vous avez bien tous docilement acheté un ordinateur comme m'sieur la sécu vous l'a dit.
Ça va être rigolo de faire payer des pénalités à partir de l'an 2000 aux PS qui transmettront pas leurs FSE avec un système qui pourra pas transmettre les FSE.

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